De la forêt à la cuillère 

Tout commence​ lors d'une marche en forêt. Je reste à l'affût, en quête d'une branche fraîchement cassée ou un arbre récemment déraciné.

Parmi le chant des oiseaux et la tranquilité de la nature, Je mets soudainement la main sur un bout de bois que je considère ayant une cuillère enfermée à l'intérieur.

Une fois de retour à mon bloc à hache, c'est le début de la transformation.

 

 La hache 

Le travail à la hache est probablement l'étape la plus difficile. À partir d'une branche ou d'une bûche, on extirpe la forme brute d'une cuillère avec le simple tranchant d'un outil ancestral qu'est la hache. Le maniement est d'une satisfaction incomparable. Le but est d'enlever le plus de matière possible avant de passer au couteau, ce qui facilite la suite.

 Le couteau 

L'outil le plus utilisé lors de la confection d'une cuillère sculptée. Il permet de peaufiner la forme et d'en dévoiler le design désiré. La pointe effilée offre une précision de coupe tandis que la longue lame permet de faire des coupes longues en continu. Bien affûtée, elle laissera une surface plus lisse que le sablage.

 Le couteau-crochet 

Aussi appelé couteau-croche ou encore couteau à cuillère, ce couteau dont on a incurvé la lame a une fonction très spécifique : creuser le bol de la cuillère. Il existe une multitude de couteau-crochet de grosseur et de courbe différente. Ces outils très spécifiques sont principalement faits par des artisans forgerons et sont de loin supérieurs aux quelques modèles de marques plus commerciales qu'on retrouve sur le marché. Comme la main qui ne tient pas le couteau est très près de la lame, il est facile de se blesser (notamment au pouce et à la paume) si on ne fait pas attention.

Par la suite, on laisse sécher la cuillère quelques jours. Une fois le bois bien sec, on reprend notre couteau et notre couteau-crochet et on passe à la taille de finition.

Finalement, la cuillère est enduite de plusieurs couches d'huile de chanvre canadienne 100% naturelle qui lui permettra de mieux résister à l'eau et aux taches.

Le sablage n'est pas utilisé dans mes créations car cela ferait disparaître du même coup leur caractère particulier et tout l'aspect du cheminement qu'elles reflètent. Les facettes qu'on retrouve sur mes ustensiles racontent une histoire. Elles sont les traces des centaines de coups de lames exécutés sur un billot de bois brut pour en arriver à cet objet si pratique. De plus, le sablage déchire la fibre de bois, contrairement au couteau qui la tranche, ce qui aurait pour résultat une cuillère rugueuse une fois mouillée du fait que le grain se relèvera.

© 2020 par URUBU 

St-Liguori, Québec, Canada

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